PV de Michael C. Ruppert
30 mai 2003, (FTW), Paris ¯ Les travaux de recherche présentés
le 26 et 27 mai à l’institut français du pétrole
(IFP), par un large éventail d’experts d’horizons
différents et souvent concurrents, ont révélé
que, durant l’année écoulée depuis la première
conférence de l’ASPO (association pour l’étude
du pic mondial de la production pétrolière), les problèmes
d’approvisionnement ont pris de l’ampleur et la réalité
de la crise énergétique est devenue plus apparente. Une
année de violents événements politiques autour
du pétrole, de bilans de production toujours plus inquiétants
; tout contribue à forcer peu à peu l’acceptation
politique et économique de la menace que représente le
pic pétrolier pour la civilisation.
Toutefois, le fondateur de l’ASPO Colin Campbell et ses collègues,
l’ancien responsable de l’exploration chez TotalFinaElf
Jean Laherrère et le professeur de physique nucléaire
Kjell Aleklett, ont de bonnes raisons d’être satisfaits
de la deuxième conférence ASPO. Deux cent personnes de
vingt pays différents étaient présents, le double
de la présence à l’édition inaugurale du
mois de mai 2002 à Uppsala en Suède. L’événement
était en partie subventionné par l’Institut Français
du Pétrole, la société de services pétroliers
Schlumberger et le géant français du pétrole Total,
ce qui atteste une prise de conscience progressive du pic pétrolier
par les milieux gouvernementaux. Le fait que la conférence ait
au lieu dans une institution gouvernementale est, selon Colin Campbell,
une preuve que même les milieux politiques ne peuvent dorénavant
plus ignorer complètement la réalité du pic pétrolier.
Olivier Appert, directeur de l’IFP, a constaté avec lucidité
la conclusion de beaucoup d’experts pétroliers selon laquelle
la diminution de production est de 5 à 10 % par an et que 60
millions de barils par jour (Mbpd) de capacité supplémentaire
sont nécessaires pour satisfaire la demande. S’appuyant
sur ces chiffres, il a conclu ses remarques d’introduction en
ces termes : “Le temps est venu pour rouvrir le débat”.
Appert a néanmoins informé l’audience qu’il
était un optimiste, principalement parce qu’il prédit
que les nouvelles techniques engendreraient de nouvelles découvertes
et de meilleurs taux de recouvrement à l’avenir.
Malgré tout, le soutien officiel à la conférence
était loin de la mobilisation politico-économique qui
serait nécessaire, selon les organisateurs, pour répondre
à une crise pouvant commencer à ronger la croissance des
économies nationales et rapidement causer des dommages importants.
Comme l’a confié un des organisateurs à FTW, “Le
fait que plusieurs gouvernements aient demandé à être
“entièrement tenus au courant”, que le gouvernement
français nous autorise à utiliser ses locaux, ou que des
grandes compagnies pétrolières et fabricants d’automobiles
comme Daimler-Chrysler viennent présenter leurs travaux est une
manière de prêter une oreille attentive à ce que
nous faisons, sans pour autant devoir assumer publiquement de ce que
nous affirmons. Les implications politiques et économiques du
phénomène sont trop graves dans leur perspective, pourtant
chaque heure de délai ne fait qu’amplifier la crise qui
aura finalement lieu lorsqu’il sera pris en compte.”
L’optimisme du directeur de l’IFP, Mr Appert, était
contrecarré par des experts comme Jean Laherrère, dont
la brutale honnêteté des graphiques et projections ne reflète
pas seulement la véracité de la décroissance des
découvertes et de la production, mais établit aussi scientifiquement
qu’il n’y a plus de réserves significativement importantes
à découvrir. D’autres experts ont définitivement
démontré que les espoirs follement démesurés
au sujet des gisements polaires, en eaux très profondes ou de
l’exploitation des sables bitumeux sont d’une part infondés,
mais aussi dangereusement trompeurs en raison des coûts d’exploitation
et des investissements excessifs nécessaires à développer
une source qui s’avèrera très décevante en
termes de rendement. Au final, les analyses les plus réalistes
et intègres ont été présentées par
le chercheur en politique et auteur Michael Klare et le professeur Kenneth
Deffeyes de Princeton, qui fut jadis le collègue de feu M. King
Hubbert, dont la courbe de Hubbert prévoyait les réalités
d’aujourd’hui avec une précision déconcertante,
il y a de cela 60 ans. Ces deux intervenants ont fait des présentations
intègres, incorporant des événements actuels du
vrai monde, pour montrer clairement que le pic mondial de production
pétrolière est bien réel aujourd’hui.
La BBC donne le La
L’une des premières présentations de la conférence
était la projection d’un nouveau documentaire de la BBC
diffusé le 26 mars 2003, intitulé “La guerre du
pétrole”. Le film démontre, avec des détails
tranchants et irréfutables, tous les aspects les plus importants
du pic pétrolier, y compris les gisements en déclin, les
taux de découverte en chute libre, la taille plus réduite
des gisements et la demande croissante. Il souligne de plus le fait
que la capacité de production mondiale est maintenant étirée
au maximum et que les USA devront importer 70% de leur pétrole
en 2020 et 90% en 2050.
Le documentaire de la BBC citait aussi l’expert en énergie
et conseiller auprès de l’administration Bush, Matthew
Simmons, affirmant sobrement que le gouvernement des USA est très
préoccupé par le pic pétrolier. Simmons est bien
placé pour le savoir. Il dirige une banque d’investissement
pour l’industrie de l’énergie, basée à
Houston, Texas et fut conseiller auprès de la commission secrète
du vice-président Dick Cheney en 2001, la National Energy Policy
Development Group (NEPDG), qui a refusé de rendre publiques ses
conclusions. Il compte toujours parmi les proches conseillers de George
W. Bush.
Confirmation du rôle du pic pétrolier dans
les événements du 11 septembre 2001
Depuis Octobre 2001, FTW a démontré et continue d’affirmer
que le pic pétrolier était la clé motivant les
agissements très controversés et illégaux du gouvernement
qui, selon nous, était en fait complice des attaques elles-mêmes.
Tout cela était nécessaire pour encourager le soutien
de l’opinion publique à une guerre qui autrement n’aurait
pas été acceptable pour le peuple américain. Simmons
n’a jamais dévié de son soutien ouvert à
l’administration Bush, ni de ses déclarations selon lesquelles
l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak n’avaient
rien à voir avec le pétrole. Pourtant Simmons, membre
du CFR (ndt. Council of Foreign Relations) ayant aussi contribué
au rapport sur l’énergie de l’Institut Baker-CFR
paru en avril 2001, a exprimé l’avertissement le plus insistant
et clair concernant le pic pétrolier, parmi ceux entendus durant
la conférence. De plus, ses déclarations lors de la conférence
constituent la première indication jamais donnée concernant
les sujets abordés à huis clos durant les mois précédant
les attaques. FTW a aussi eu l’occasion de l’interroger
sur le pétrole et la guerre. S’adressant à nous
via satellite depuis ses bureaux de Houston, Simmons a indiqué
:
“Le pic est-il une question ou un problème important ?
D’abord, si on considère que l’énergie non
renouvelable est la ressource la plus critique, alors effectivement
c’est bien un problème majeur. Sans énergie, plus
d’alimentation en eau efficace, plus d’agriculture durable,
plus de système de santé viable…
Ce que le pic signifie réellement, en termes d’énergie,
c’est qu’une fois atteint, il en sera fini de l’augmentation
de l’approvisionnement… Alors est-ce que cela pose un problème
majeur, je crois que la réponse est un oui appuyé. Pourquoi
ce problème inspire-t-il de telles controverses ? Eh bien je
pense, tout d’abord, que pour plusieurs raisons le mot “pic”
suggère malheureusement un avenir peu radieux. Il suggère
aussi des prix de l’énergie élevés dans le
futur et rien de tout cela n’est très agréable à
considérer. Je crois qu’il est dans la nature humaine de
préférer les pensées agréables. Ceux qui
crient au loup sont ignorés à moins que le loup ne soit
déjà à la porte ; alors il est en général
déjà trop tard. Les crises sont en fait par définition
des problèmes qui ont été ignorés. Et toutes
les grandes crises furent ignorées jusqu’à ce qu’il
soit déjà trop tard pour y faire quelque chose.”
Simmons a indiqué que les cinq sixièmes du monde utilisent
très peu d’énergie mais c’est là que
la demande croît le plus rapidement. FTW a d’ailleurs récemment
rapporté que les ventes de voitures en Chine ont augmenté
de 50% pour la seule année 2002. Simmons a aussi mentionné
que les gisements en eaux très profondes constituent “la
dernière frontière” avant d’indiquer, ce qui
n’est pas très réjouissant, que les deux tiers des
forages exploratoires étaient des forages dans le vide. Les forages
improductifs deviennent aussi quelque chose d’habituel au Moyen-Orient
sur la terre ferme.
Le gaz naturel semble être un problème encore plus urgent
aux USA. L’approvisionnement en gaz naturel doit obligatoirement
provenir d’Amérique du Nord par manque de ports, navires
et terminaux adaptés et le procédé de liquéfaction
engendre une perte d’énergie importante. Observant la situation
globale en Amérique du Nord, Simmons a noté qu’en
1990, la production de gaz naturel aux USA augmentait rapidement. En
2001, malgré des records de forage, la production n’a pas
augmenté, enfin en 2003 la production connaît un sérieux
déclin.
Ces chiffres ne sont pas surprenants alors qu’on a vu le prix
du gaz quadrupler durant les 18 derniers mois. Enfin, comme pour la
tendance observée des découvertes de pétrole, Simmons
a précisé “Les nouveaux puits de gaz au Texas déclinent
de 83% un an après avoir été forés.”
Contrairement au pétrole, la production de gaz naturel atteint
généralement un plateau, puis chute brutalement car le
gaz sort rapidement du puits jusqu’à ce qu’il n’y
ait plus de pression, alors la production s’arrête.
Confirmant que le magot du pétrole de la Mer Caspienne, tant
escompté il y a peu, s’était en fait métamorphosé
en une gigantesque désillusion, Simmons a souligné qu’en
2001, vingt puits sur les 25 forés dans le bassin de la Mer Caspienne
étaient secs. Cette même année le supposé
gisement géant de Kashagan au Kazakhstan était ouvert,
mais en 2002 British Petroleum et Statoil se sont retirés et
finalement en 2003 toutes les autres compagnies ont lâché
le morceau.
Le Triangle d’Or et le “Plan B”
Ironiquement, dans une référence à la région
d’Asie du Sud-Est réputée pour sa culture du pavot
liée à la CIA, Simmons a confirmé que le Moyen-Orient
était toujours la “Terre Promise” ; 85% de tout le
pétrole du Moyen-Orient repose dans Triangle d’Or s’étendant
de Kirkouk, dans le Nord de l’Irak, à travers l’Iran
jusqu’aux Emirats Arabes Unis, puis à l’Ouest dans
les champs du centre de l’Arabie Saoudite et de nouveau vers le
Nord à Kirkouk. Selon l’analyse de Simmons, l’Arabie
Saoudite est “la base”. Se référant à
un rapport du le Club de Rome datant des années 60 et suggérant
que la croissance avait des limites, Simmons a observé que “Le
monde n’a pas de plan B ”.
Au cours d’une brève séance de questions-réponses,
j’ai adressé une question à Simmons, provoquant
des rires dans l’assemblée, avant que Simmons baisse la
tête en rougissant.
Questions de Mike Ruppert : “J’ai deux questions. Dans le
rapport de l’Institut Baker-CFR datant du mois d’Avril 2001,
vous vous exprimiez sur un ton plutôt dissident et vous lanciez
un appel pour qu’un programme d’investissement massif de
type Manhattan Project soit mis en place pour résoudre le problème
de l’énergie : qu’est-ce que cela impliquerait ?
Ma deuxième question est la suivante : depuis qu’a été
lancée la guerre au terrorisme après le 11/9/2001, nous
sommes allés en Afghanistan, puis nous y avons vu des constructions
de pipelines, nous sommes allés en Irak, maintenant il y a des
événements en Arabie Saoudite, des pourparlers en Afrique
de l’Ouest, ainsi qu’en Colombie et étrangement le
terrorisme semble sévir exactement là où se trouve
le pétrole, c’est-à-dire où se trouvent les
grandes réserves et les pays principaux producteurs ; croyez-vous
que cela soit une coïncidence ?” (rires dans l’assemblée)
Réponse de Simmons : Ce sont des questions assez pertinentes
(de nouveau des rires). Ce que j’ai essayé de suggérer
quand le CFR et le Baker Institute faisaient leur bilan sur l’énergie,
c’est qu’il fallait se mettre dans la même perspective
pour la planification énergétique à venir que celle
du Plan Marshall pour reconstruire l’Europe. Il s’agissait
alors de regrouper le panel d’experts le plus large possible et
de les disséminer à travers l’Europe pour se faire
une idée sur la manière de commencer en partant de A pour
arriver à Z. Je pense toujours qu’il y a une réelle
urgence à mettre en place un Plan Marshall pour l’énergie.
Je crois également qu’il faut y associer un plan pour l’approvisionnement
en eau, un plan pour l’énergie hydroélectrique (ndt.
Pas uniquement dans le sens de barrages hydroélectriques).
Au sujet des terroristes, je ne sais pas si on peut établir un
parallèle en constatant que partout où il y a de l’énergie,
il y a aussi du terrorisme, mais je sais qu’on peut réfléchir
au fait que durant les vingt dernières années on a visiblement
bénéficié de prix du pétrole incroyablement
bas, si bas qu’aucune nation productrice n’a été,
en gros, capable de créer quelque chose qui ressemble à
une société moderne. De plus, sur une période de
vingt ans, leur population a explosé, ils ont tous des taux de
natalité élevés, une population très jeune
et une économie désastreuse. Malheureusement, les prix
ont été si bas qu’il leur était difficile
de garder une infrastructure saine ; il ne leur reste pas grand-chose
pour commencer à reconstruire leur société. J’imagine
que s’ils avaient eu la chance de connaître des prix de
l’énergie deux ou trois fois plus élevés,
si on avait travaillé consciencieusement avec ces pays producteurs
pour les éclairer quant à l’utilisation de cette
richesse nouvellement acquise, au lieu d’y mettre de jeunes et
puissants dirigeants pour commencer à construire une classe moyenne,
alors les gens auraient commencé à se préoccuper
davantage de leur prospérité. Mais je suppose qu’après-coup,
c’est facile à dire…
Un autre intervenant a demandé à Simmons pourquoi il y
avait une disparité aussi incroyable entre la politique du Bureau
Ovale et le point de vue qu’il exprimait. Les premiers mots de
la réponse de Simmons furent “Les Etats-Unis ont d’énormes
problèmes d’énergie.” [FTW - Une transcription
complète de l’intervention de Matt Simmons à la
conférence ASPO sera rendue disponible prochainement.] (ndt.
Cette transcription est maintenant disponible en accès libre
sur www.fromthewilderness.com)
Diverses motivations, un certain consensus et Alice
au Pays des Merveilles
A la conférence ASPO étaient présents des experts
de compagnies pétrolières, des chercheurs dans le domaine
de la géologie et des sciences comme les sciences politiques,
des défenseurs des énergies alternatives, des représentants
d’intérêts économiques et financiers comme
la Deutschebank, d’organismes de recherche gouvernementaux, ainsi
que des journalistes. Trois “camps” se sont rapidement démarqués.
Le camp du pic pétrolier, généralement représenté
par ceux qui estiment que le problème de l’amenuisement
des ressources en pétrole et gaz est extrêmement sérieux
et sur le point de devenir la question suprême sur la planète,
car il n’y a pas de source alternative d’énergie
adéquate, à court ou à moyen terme, qui puisse
en réduire les effets. Le camp de la Panacée des Energies
Alternatives s’entendait sur le fait que les sources alternatives
d’énergie permettraient à la vie de suivre son cours
normalement. Enfin le camp de la “Terre Plate”, comprenant
essentiellement des employés de compagnies pétrolières,
des représentants de l’industrie pétrolière,
de l’Agence Internationale à l’Energie (AIE) ou de
banques d’investissement ainsi que des politiques. La plupart
d’entre eux considèrent que l’augmentation de la
demande et des investissements constituera, d’une façon
ou d’une autre, une solution à tout et considèrent
aussi que la technologie permettra de trouver un pétrole et un
gaz naturel qui s’avèrent justement inexistants, selon
la plupart des intervenants de cette conférence, surtout après
la présentation de données par des experts incontestés.
Publication malhonnête des estimations de réserves et définitions
En tout état de cause personne, d’un bord ou de l’autre,
n’a tenté d’assurer la défense des estimations
de réserves surévaluées provenant de l’US
Geological Survey (USGS) ou de l’AIE (Agence Internationale à
l’Energie). Il était d’ailleurs facile, pour des
experts comme Campbell, Laherrère, Aleklett, Chris Skrebowski
de l’Institut anglais du pétrole et le professeur Kenneth
Deffeyes de l’Université de Princeton, de démontrer
que les chiffres sur les réserves de pétrole sont aussi
cuisinés que les chiffres d’Enron.
La principale erreur toujours commise par les compagnies pétrolières,
autant que les institutions gouvernementales, est le fait qu’ils
ne rapportent pas dans le temps les découvertes de réserves
(“backdating”) : lorsqu’une compagnie fore son premier
puits exploitable dans n’importe quel champ, elle peut se faire
une idée raisonnable sur la quantité de pétrole
récupérable à terme. Le premier obstacle est que
si la taille estimée du gisement est déclarée pendant
la première année d’exploitation, elle doit payer
une taxe conséquente sur l’ensemble de ce gisement. Naturellement,
les compagnies déclarent des estimations de capacité graduellement
pour étaler la charge fiscale. Elles le font aussi pour maintenir
la cote des actions à la hausse de façon régulière
et stimuler la poursuite des investissements en déclarant des
découvertes de nouvelles réserves dans des champs plus
anciens, alors que ces réserves ne sont pas du tout nouvelles.
Lorsque la production nationale est déterminée sur la
base des réserves “prouvées” déclarées,
elles sont parfois manipulées, comme ce fut le cas avec beaucoup
de pays de l’OPEP au milieu des années 80 (ndt. L’OPEP
décida de fixer les quotas de production en fonction des réserves
“prouvées” déclarées, le résultat
fut une augmentation brutale des réserves déclarées
sans découverte rapportée, comme par exemple une augmentation
de 50% des réserves du Koweït en 1985…). La manipulation
des estimations de réserves est donc un moyen efficace pour remplir
les caisses de l’Etat en exportant plus.
Les experts comme Campbell et Laherrère insistent sur le fait
que toutes les réserves devraient être rapportées
au premier forage réussi d’un champ, en soustrayant la
quantité déjà extraite, afin de déterminer
précisément quelle quantité de pétrole il
reste vraiment. Pour parler sérieusement de réserves,
il faut abandonner les termes tels que “réserves probables”,
“réserves estimées” et même “réserves
prouvées”, pour adopter “réserves récupérables
à terme” (Ultimately Recoverable Reserves, ou URR) qui
ont été correctement rapportées à leur découverte.
Tout le reste revient à satisfaire aux exigences d’un comptable,
politique ou analyste boursier.
Ce n’est pas par hasard ¯ et malgré la publication
de réserves par les gouvernements, compagnies pétrolières
et analystes financiers ¯ qu’une société appelée
Petroconsultants basée à Genève publie un rapport
annuel sur les réserves, pays par pays, et facture paraît-il
un million de dollars par copie. Il a été affirmé
que la CIA intervient dans sa rédaction et est aussi destinataire
de ce rapport. Cela prouve clairement le manque de fiabilité
des autres sources.
Nouvelles perspectives d’avenir
Beaucoup de points de vue différents ont été exprimés
et cette description n’est pas exhaustive. Haut cadre de la Société
Nationale Pétrolière Iranienne, le docteur Ali Samsam
Bakhtiari se positionne clairement dans le camp du pic pétrolier,
dévoilant des chiffres alarmants sur la diminution de la production
iranienne ainsi que des analyses montrant que les réserves tant
vantées de l’Arabie Saoudite, estimées à
250 milliards de barils (Gb), pourraient être beaucoup plus limitées
que ce qu’on affirme. “L’Arabie Saoudite a déjà
produit 100 Gb sur des réserves récupérables à
terme de 260 Gb. Il est possible que le seuil de la moitié de
la production ait été atteint, ce qui signifie le déclin.”,
précise-t-il.
Ndt. : pour cela il s’appuie par exemple sur le constat selon
lequel 200 “puits horizontaux” ont déjà été
forés sur le seul gisement de Ghawar, le plus gros gisement du
monde, qui représente à lui seul la moitié de la
production totale de l’Arabie Saoudite. Les puits horizontaux
sont, brièvement, des conduits servant à injecter du liquide
ou de la vapeur dans la nappe afin d’augmenter la pression nécessaire
à l’évacuation du pétrole. Ces opérations
constituent un investissement énorme et sont mises en œuvre
en dernier lieu pour augmenter la production et retarder le déclin
du gisement. Quand le déclin ( ou chute de la production ) a
finalement lieu, il est d’autant plus brutal que toutes les techniques
ont été mises en œuvre pour le retarder.
Comme il fut expliqué précédemment dans nos colonnes,
dès lors qu’un puits, une nation, ou la planète
a atteint son pic de production, chaque nouveau baril produit nécessite
en moyenne plus d’argent et d’énergie, tout en perdant
de sa qualité et donc de sa rentabilité lors du raffinage.
Les conclusions de Bakhtiari étaient confirmées par d’autres
présentations montrant qu’en dépit du fait que 43%
des URR mondiales soient situées au Moyen-Orient, leur étendue
pourrait être bien moindre qu’espérée et les
pays de cette région pourraient connaître un pic de production
bien plus tôt que ce qui est envisagé.
Dans l’ensemble, ces chiffres dégrisants résonnaient
dans la perspective de Simmons telle qu’elle fut présentée
à l’administration Bush ; le débat se focalisait
donc fréquemment sur les sources d’énergie alternatives.
Aucun intervenant n’a pu mettre en évidence une quelconque
combinaison de sources d’énergie alternatives pouvant remplacer
les hydrocarbures, et personne n’a pu affirmer que si une telle
combinaison existait, elle pourrait être déployée
en temps voulu pour prévenir les catastrophes économiques
et humaines. Nous sommes sortis de la conférence avec le sentiment
qu’en raison du déni politique et économique, alors
que les lumières commenceront à s’éteindre,
que les voitures s’arrêteront, que les fertilisants et pesticides
deviendront trop chers pour les pays du tiers-monde et que les famines
commenceront à frapper la planète, le charbon et le nucléaire
seront les remèdes d’urgence auxquels nous auront recours,
mais ne seront pas efficaces, sinon pour colmater les brèches
dans l’urgence.
L’une des conclusions faisant généralement l’unanimité
parmi les conférenciers était que l’hydrogène,
contrairement aux théories populaires et rassurantes d’auteurs
comme Jeremy Rifkin, n’est pas une solution à court ou
long terme en raison de coûts de production élevés,
de problèmes de rentabilité énergétique
inhérents à ce vecteur, de manque d’infrastructure
et d’impraticabilité. Parlant au nom de Daimler Chrysler,
qui acquiesce discrètement sur le pic pétrolier, tout
en admettant faire des recherches poussées sur les véhicules
à l’hydrogène, le Docteur Jorg Wind a reconnu que
sa société ne considère pas l’hydrogène
comme une alternative viable au moteur à explosion.
“Nous utilisons de l’énergie fossile pour produire
l’hydrogène. Cela ne contribue pas à une réduction
significative des émissions de CO2. Nous pronostiquons qu’en
2020 l’hydrogène représentera seulement 5% des carburants
consommés, d’autre part que l’infrastructure, le
cadre politique sont les facteurs les plus déterminants.”
Avec une certaine pertinence et probabilité du point de vue de
l’industrie automobile, Wind a précisé que nous
verrons successivement des véhicules conventionnels améliorés,
des véhicules hybrides de première génération,
des véhicules hybrides électriques et, finalement, les
véhicules à l’hydrogène comme solution, mais
il doute sérieusement du fait que les moteurs à hydrogène
constituent un jour une part significative du marché. Dans une
admission à demi-mot du pic pétrolier qui pourtant en
dit long, Wind a ajouté qu’un tiers de tous les carburants
diesels utilisés actuellement en Allemagne est en fait du biodiesel
généré à partir de déchets recyclés
ou de cultures de végétaux. Il est particulièrement
critique vis-à-vis de l’éthanol, précisant
que celui-ci n’est pas rentable en termes d’énergie.
Les conférenciers français ont d’ailleurs confirmé
que l’éthanol n’est viable en France que grâce
à une subvention aux fermiers s’élevant à
300 %. En dehors de cela, l’éthanol requiert plus d’énergie
pour être produit que ce qu’on peut en retirer. (ndt. cf.
Le rapport EroEI, “Energy Returned on Energy Invested”,
qui ne devrait théoriquement être absent d’aucune
recherche sur les énergies alternatives.)
Lorsque FTW lui a demandé si Daimler-Chrysler avait estimé
les coûts de changement d’infrastructures et d’investissement
de capitaux nécessaires pour produire des véhicules à
l’hydrogène, Wind a répondu que sa société
ignorait l’ampleur de ces coûts. Cela implique qu’ayant
évalué la technologie du véhicule en lui-même,
l’entreprise n’avait pas estimé nécessaire
d’entreprendre de plus amples évaluations financières.
Wind a soulevé des grognements dans l’assistance lorsqu’il
a affirmé que tout est fonction de la demande du consommateur
et que les entreprises n’ont aucune responsabilité à
assumer quant au manque de solutions pratiques face à la crise
imminente.
“Il ne sera peut-être pas profitable de ralentir le déclin”
L’économiste hollandais Maarten Van Mourik, de l’Institut
Economique des Pays-Bas, a exposé des faits inquiétants
et peut-être le constat le plus mémorable de toute la conférence.
Il n’a pas caché ses faibles espoirs dans l’exploration
en eaux profondes, précisant que le pétrole non conventionnel
d’eaux profondes ne représenterait qu’environ 5%
de l’offre mondiale en 2020. A terme cela ne représenterait
qu’environ 5 Gb (milliards de barils). Le monde consomme actuellement
un milliard de barils en 12 jours. “C’est beaucoup trop
cher. Les coûts s’élèvent à 50 voire
60 millions par plate-forme avec peu de retours garantis.” Il
a ainsi souligné, ce qui n’est guère surprenant
au vu des récentes évolutions de la “Guerre au terrorisme”,
que l’Afrique de l’Ouest porte les meilleurs espoirs dans
ce domaine, l’Angola étant le candidat en tête de
liste pour les nouvelles activités. Après un examen de
quelques autres alternatives, Van Mourik a dévoilé une
vérité sous-jacente qui devrait certainement exacerber
les effets du pic pétrolier : “Il ne sera peut-être
pas profitable de ralentir le déclin”.
Le principal ballon financier de l’hydrogène
Pierre-René Bauquis, Vice-Président de l’Institut
Français de l’Energie, professeur à l’IFP
et ancien conseiller spécial du président de TotalFinaElf,
a confirmé des recherches antérieures de FTW en citant
des chiffres scientifiques solides montrant que l’hydrogène
n’est pas une solution pratique. En tant que membre des Environnementalistes
pour l’Energie Nucléaire, il n’a fait aucun secret
de son parti-pris pour l’énergie nucléaire. Il est
d’ailleurs assez probable que si Total, ou n’importe quelle
autre compagnie pétrolière, pouvait tirer profit de l’hydrogène,
elle s’empresserait de s’y atteler, étant parfaitement
au courant que la matière première dont elle dépend
actuellement se fait rare.
Indiquant que la moitié du pétrole est utilisé
pour les transports, Bauquis a insisté sur le fait que les sources
d’énergie renouvelables ne résoudraient pas le problème
et a affirmé clairement que “L’hydrogène n’est
pas le carburant de demain.” Il a de plus souligné que
le premier moteur à combustion interne, fabriqué en 1805,
tournait à l’hydrogène et fut rapidement mis au
rancart en raison de problèmes liés au transport, au stockage
et à l’efficacité de l’hydrogène. Bauquis
a observé que “La production commerciale de l’hydrogène
coûte deux à cinq fois plus cher que les hydrocarbures
utilisés pour le fabriquer. Son transport est impossible. Transporter
l’hydrogène coûte deux fois plus cher que transporter
de l’électricité. Le prix de son stockage est 100
fois celui du stockage des liquides pétroliers.”
Il s’est montré encore plus impitoyable avec l’éthanol.
“Pour remplacer 40% du pétrole actuellement utilisé,
il faudrait multiplier par trois la surface de terre cultivable mondiale,
simplement pour les cultures destinées à produire l’éthanol.”
Soulevant lui aussi des grognements dans l’assistance, Bauquis
a proclamé que le drame de Tchernobyl était une intox
perpétrée par GreenPeace qui avait grossièrement
exagéré le nombre de morts résultant de l’accident
nucléaire en 1986, pourtant ses observations au sujet de l’hydrogène
sont en accord avec un large panel d’études scientifiques
émanant de divers pôles d’intérêts politiques
et économiques. Il a néanmoins reconnu que peut-être,
dans plusieurs décennies, l’“hydrogène vert”
(ou “hydrogène blanc”, produit par électrolyse
plutôt qu’à partir de méthane) pourrait devenir
exploitable, mais cela uniquement avec l’aide de l’énergie
nucléaire dans le processus de conversion.
Un auditeur a suscité des salves de rires sardoniques en demandant
à un autre intervenant “A l’heure actuelle, sur le
marché, nous sommes dans une situation où nous avons un
carburant conventionnel, c’est-à-dire le pétrole,
que nous brûlons dans un moteur à explosions qui effectue
le travail. Maintenant, ce que je crois comprendre dans ce que défendent
les partisans de l’hydrogène emmenés par Jeremy
Rifkin, c’est une économie de l’hydrogène
qui consiste en gros à prendre de nouveau du carburant conventionnel,
ou produire des énergies alternatives propres, solaires ou éoliennes,
pour produire de l’électricité afin de diviser les
molécules d’eau en hydrogène et oxygène,
pour ensuite comprimer cet hydrogène dans le but de le transporter
et le stocker sous forme liquide, puis finalement l’injecter dans
un moteur à hydrogène qui produit l’électricité
entraînant la machine. Croyez-vous vraiment que c’est ce
qu’on appelle de l’efficacité ?»
La Russie a du gaz
Après avoir répété que la dépendance
mondiale vis-à-vis du pétrole et du gaz naturel tend à
augmenter plutôt que l’inverse, J. Peter Gerling, président
du département Ressources Energétiques de l’Institut
Fédéral allemand des Géosciences, a précisé
que la Russie recelait, selon les estimations, la moitié de toutes
les réserves de gaz naturel estimées et récupérables
à terme du monde. Le minuscule état du Quatar, où
les USA ont basé leurs quartiers généraux du Central
Command a, en son sous-sol, plus de gaz naturel que l’Amérique
du Nord et du Sud réunies. Ce ne sera réellement une aubaine
pour les USA que lorsqu’une flotte massive de navires gaziers
et une infrastructure adéquate seront déployées,
mais cela dit on comprend mieux pourquoi Paris et Berlin ont progressivement
mis en place un partenariat économique avec la Russie. De même,
on comprend mieux pourquoi un expert tel que Colin Campbell considère
que le Royaume-Uni finira par rejoindre l’Union Européenne.
Chris Skrebowski, de l’Institut Anglais du Pétrole, avait
auparavant indiqué qu’en 2007 le Royaune-Uni connaîtra
sa seconde année d’importation nette de gaz et sa première
année d’importation nette de pétrole : les gisements
de la Mer du Nord seront pratiquement à sec à la fin de
la décennie.
Dans les sables bitumeux et poisseux du Canada
Le professeur Kjell Aleklett a présenté à l’assistance
une sensationnelle illustration de la répartition mondiale des
réserves de pétrole, en utilisant 20 bouteilles de champagne
pour représenter les deux trillions de barils dont la planète
s’est vue dotée (ndt. L’intitulé de son intervention
étant “Comment faire comprendre au monde que la fête
est finie”). Ayant retiré dix bouteilles pour montrer ce
qui a déjà été utilisé, il a mis
deux bouteilles, correspondant à la part des USA, de côté.
L’une de ces deux bouteilles étant manifestement vide,
il a servi le dernier verre de la bouteille restante en expliquant que
les USA venaient de servir le tout dernier verre de leur dotation en
pétrole. Parmi les dix bouteilles restantes, a-t-il souligné,
quatre sont au Moyen-Orient, dont trois en Arabie Saoudite et en Irak.
Il s’est alors tourné vers les projets d’exploitation
des sables bitumeux qui jadis furent considérés comme
la providence du Canada (et des USA), mais qui se sont révélés
être un véritable désastre financier et écologique.
L’un des intervenants précédents avait à
ce sujet fait remarquer que le procédé d’exploitation
des sables bitumeux, qui implique de rincer le sable extrait à
l’aide de vapeur, requiert trois barils d’eau fraîche
pour chaque baril de pétrole produit.
Aleklett a ensuite précisé que le Canada utilise une telle
quantité de gaz naturel pour porter l’eau à ébullition
que son propre approvisionnement pour le chauffage s’en trouve
compromis. D’autres intervenants avaient aussi commenté
le fait que dans le cadre des accords commerciaux NAFTA et FTAA, le
Canada a l’obligation de vendre du gaz naturel aux USA à
des prix si bas qu’ils mettent en péril son propre approvisionnement.
Il n’y a clairement pas assez de gaz naturel pour traiter les
sables bitumeux, qui ne sont d’ailleurs pas rentables à
ce jour, alors que les eaux insalubres et les mines d’extraction
détruisent les paysages préservés de l’Alberta.
Il en résulte que l’Alberta envisage maintenant la construction
d’un réacteur nucléaire dans le seul but de produire
de la vapeur afin de traiter les sables bitumeux. Personne n’a
bien entendu jugé nécessaire de soulever le problème
du rapport entre l’énergie investie et l’énergie
récupérée.
Affirmer ce qui est manifeste
Comme c’est souvent le cas avec les rapports gouvernementaux,
tels que ceux produits par l’inspecteur général
de la CIA évaluant le rôle de son agence dans le trafic
de drogue, il est nécessaire de passer outre les courriers de
transmission et les synthèses afin de découvrir ce que
le rapport dit vraiment. Klare a fait remarquer que le chapitre 8 du
rapport Cheney dévoilait les véritables motivations de
cette commission secrète : encourager une plus grande dépendance
vis-à-vis du pétrole et du gaz naturel. Le rapport mentionnait
le fait que la demande aux USA augmenterait de 7,7 millions de barils
par jour entre 2000 et 2020, demande qui ne pourrait être satisfaite
que par le Moyen-Orient. Comme l’a rapporté FTW à
de nombreuses reprises, durant des années Clinton, les USA se
sont progressivement préparés au conflit armé en
organisant des manœuvres d’exercice militaire conjointes
et en déployant des bases à travers la région.
La plus grande attention était portée à l’Arabie
Saoudite. L’analyse de Klare n’a laissé planer aucun
doute sur le fait que les opérations menées depuis le
11/09/2001 découlent d’un plan élaboré et
soigneusement mis en application sur plus d’une décennie,
et que de plus les politiques énergétiques, militaires
et anti-terroristes ne sont que des fils d’un même canevas,
parfaitement entrelacés dans le cadre d’une conquête
hégémonique et globale.
Le professeur de Princeton Kenneth Deffeyes, ancien collègue
de King Hubbert et auteur du livre “Hubbert’s Peak : The
Impending World Oil Shortage” (ndt. “Le pic de Hubbert ou
la pénurie de pétrole imminente”, non traduit…),
a avancé la thèse selon laquelle le pic pétrolier
aurait en fait eu lieu en 2000, en s’appuyant sur le fait que
depuis la production n’a cessé de baisser. Comme preuve
supplémentaire du pic pétrolier, il a précisé
que depuis 2000 la bourse a connu une baisse de 30% que les baisses
de taux d’intérêts n’ont pas freiné,
deux millions de personnes ont perdu leur emploi, ceux qui en ont un
n’ont pas pu partir en retraite, les excédents budgétaires
ont disparu, la classe moyenne a fondu ainsi que le World Trade Center.
Il a ajouté que la seule solution pour atteindre les taux de
découverte pétrolière illusoires de l’USGS
(ndt. United States Geological Survey) serait d’annexer l’Irak
en tant que 51ème état. L’un de ses soucis majeurs,
a-t-il expliqué, est le coût de la fabrication de fertilisants
pour le Tiers-Monde, car les pénuries de gaz naturel ainsi que
les coûts périphériques de production électrique
et de transport pourraient précipiter une famine d’une
proportion inimaginable.
Dans la perspective de FTW, la réalité du pic pétrolier
ne fait pratiquement aucun mystère depuis le 11 septembre. En
tant qu’explication globale des attaques magnifiquement opportunes
du 11 septembre, agencées par le gouvernement étasunien,
de la guerre parfaitement orchestrée visant à s’accaparer
les plus grandes réserves de pétrole de la planète,
de la quasi-hystérie au sujet de la guerre bactériologique,
des atteintes méthodiques aux libertés civiles ainsi que
les résultats économiques en chute libre, aucun autre
matériau ne fournit un cadre dans lequel on puisse inscrire ces
déroulements. La deuxième conférence ASPO à
Paris n’a fait que renforcer notre conviction. |