STOCAMINE
Situé à Wittelsheim, près de Mulhouse
en Alsace,
c'est le seul lieu d'enfouissement de déchets "ultimes"
en France.
Cette notion même de "déchet ultime" donne toute
l'ampleur de l'hypocrisie ambiante sans aucune considération
pour la population proche des sites industriels. Est considéré
comme déchet ultime, un déchet issu de tri ou de compostage,
ou qui n'est pas accepté en usine d'incinération des ordures
ménagères à défaut de capacité d'incinération
ce qui revient à dire que c'est un déchet ne pouvant être
valorisé à un coût économiquement acceptable.
La mise en décharge est deux fois moins chère que l'incinération
et trois fois moins chère que le recyclage.
STOCAMINE, malgré l'opposition des associations dès 1991,
a reçu l'autorisation en 1997 (ouverture du site en 1999) de
stocker 320 000 tonnes de produits tels que des sels de trempe d'acieries,
de l'arsenic, du cyanure, de l'amiante, des résidus avec du mercure,
mais aussi de façon illégale du béton imprégné
de pyralène (47 tonnes arrivées en 2001)
. 36 000 tonnes y sont actuellement stockeés dans d'anciennes
galeries de sel gemme.
ACCIDENT MAJEUR septembre 2002
L'incident s'est déclaré mardi 10 septembre
à 4h30 du matin. Les autorités (Préfecture) ont
parlé de cendres issues de l'incinération d'ordures ménagères,
mais également de l'incinération de déchets industriels
ou issus d'opération de désamiantage. Ce qui était
sensible était une forte émanation de dioxyde de soufre
avec des phénomènes d'irritation. Le feu a pris a 535
mètres de profondeur dans une zone de 1 700 m2 où sont
stockées 1 800 tonnes de déchets. Ecoles fermées
tardivement et de façon arbitraire, information quasi nulle de
la population, promesses d'analyse des émanations, conséquences
sanitaires "sans gravité", la population ne croit plus
aux discours et promesses des responsables de l'entreprise et des élus.
Une grande manifestation de protestation s'est tenue samedi 21 septembre
à Wittelsheim pour empêcher la réouverture de Stocamine.
Les autorités ont annoncé la fin de l'incendie ce même
jour !!!
Depuis le début de l'incendie, 27 salariés de Stocamine
et 350 à 450 employés dans le puits voisin des MDPA sont
au chômage technique. La mine Amélie II devrait fermer
en juin 2003. Va-t-on la fermer avec quelques mois d'avance, mais avec
les mêmes conditions pour les employés ? Et le personnel
de Stocamine restera-t-il en poste pour démanteler la mine en
cas de fermeture ?
STOCAMINE est une entreprise avec des actionnaires privés (Séché
Environnement, qui a absorbé Tredi, à hauteur de 32 %
...) et publics (EMC et les MDPA...).L'exercice 2001 s'est soldé
par une perte de près de 800 000€. Depuis l'incendie, le
stockage ailleurs et le transport des déchets des entreprises
sous contrat est à la charge de Stocamine. Ceci laisse espérer
que ces nouvelles pertes financières amèneront la décision
de fermeture définitive de ce dépotoir toxique où
toutes les promesses de sécurité et surveillance n'ont
été que des mots.
ET LES AUTRES RISQUES INDUSTRIELS autour de nous ?
Les établissements « SEVESO II »
(comme AZF-Toulouse)
au nombre de 16 « seuil haut » dans le Haut-Rhin dont
* THYM et EPM à Illzach
* RHODIA à Mulhouse et Chalampé
* DUPONT DE NEMOUR à Cernay
* ALBERMARLE et MILLENIUM à Thann
ainsi que 7 « seuil bas » dont
* CFPI à Mulhouse
Accidents repertoriés en Alsace
39 en 1996
56 en 1998
45 en 2000
dont 26 dans le Haut-Rhin
Qui agit ?
Les entreprises pour moins de risques !
Qui contrôle ?
La DRIRE (Ministère de l’Industrie-Préfet) surveille
en Alsace 1762 établissements avec 31 inspecteurs !!!
(il en faudrait au moins une cinquantaine)
Qui s’inquiète ?
Les riverains de Rhodia-Mulhouse Dornach
Des associations : CLCV, Alsace Nature, Bourtzwiller 2000…
Un parti : Les Verts
d’où, la création en janvier 2002, du collectif
HARI (Halte Aus Risques Industriels)
contacts : Henri Daubin tél/fax 03 89 43 17 98
f.kontzler@wanadoo.fr tél 03 89 57 39 77
Les Verts Alsace sont particulièrement aterrés par l’incendie
de STOCAMINE.
Les autorités « compétentes »
avaient été alertées dès la semaine dernière
par le Comité de Surveillance de fuites provenant de déchets
entreposés à STOCAMINE-Wittelsheim et qui présentaient
un danger certain pour la population des environs. Le principe de précaution
n’a pas été appliqué et ce n’est que
ce mardi après-midi 10 septembre, que l’ordre de fermeture
de deux écoles situées à proximité a été
donné, puis dans la soirée celle du collège Charles
Péguy.
Alors que s’ouvre aujourd’hui même l’enquête
publique du Plan Départemental, plan qui appelle abusivement
« déchet ultime » tout ce que l’on veut enterrer,
l’exemple de STOCAMINE apporte un éclairage concret sur
les pratiques en cours.
Ne parlons même pas des déchets nucléaires qui traversent
notre région une fois par mois. C’est le moment où
se construit aussi un nouvel incinérateur à Aspach qui
déversera dans l’air dioxine, furanes, dioxydes d’azote…
Certains élus continuent à y voir la panacée dans
une Alsace déjà tristement championne de France de l’incinération.
Les VERTS dénoncent une fois de plus la désinformation
des pouvoirs publics et des lobbys industriels et agricoles qui cherchent
à minimiser les problèmes liés aux déchets.
La santé des habitants proches des lieux d’enfouissement
n’est guère prise en compte et les paroles rassurantes
ne sont qu’un leurre. L’eau a déjà subi une
pollution importante au point de n’être plus potable dans
certains endroits et l’air devient dangereusement irrespirable.
Les VERTS demandent la fermeture pure et simple de STOCAMINE et une
autre approche des problèmes liés à tous les déchets.
Ce n’est pas une urgence, c’est vi(e)tal.
(communiqué de presse)
SITUATION en janvier 2003
STOCAMINE est toujours fermée ainsi que la mine
adjacente. Le Comité de Surveillance attend les résultats
et demande des "comptes" à la Préfecture pas
très pressée. Les mineurs s'interrogent sur leur avenir
et leur indemnisation depuis la fermeture forcée. On ne sait
toujours pas exactement ce qui s'est passé.
En parallèle, on a pu juger une fois de plus la transparence
de l'information de la population en cas de risque majeur avec la fuite
de 30 tonnes de cyclohexane à l'usine RHODIA de Chalampé
les 16/17 décembre 2002. Déjà en mars 2000, suite
à une fuite identique, 300 personnes ont été confinées
sans information du public environnant.
Les communes limitrophes puisent leur eau potable dans la nappe phréatique.
Fin 2003-début 2004
Le Député Sordi (7è circonscription
du Haut-Rhin) a déposé un texte auprès du Parlement
où il accepte l'enfouissement DEFINITIF des déchets.
UN AUTRE BEL EXEMPLE de promesses non-tenues !! |