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O.G.M.
Organismes Génétiquement Modifiés


Voilà un exemple de démarche que l'on peut mettre en oeuvre
pour "engager au niveau local la « guerre secrète des OGM » qui se déroule à l’échelle planétaire"

DERNIÈRE MINUTE :

La relaxe des 49 faucheurs volontaires d'OGM le 9 décembre 2005 par le Tribunal d'Orléans est encourageant et marque un tournant dans la lutte contre les OGM en plein champ.
L'arrêté municipal anti-OGM de Wattwiller pour protéger des terrains en agriculture bio-dynamique, pris en 2005 pour prolonger celui de 2004 (arrêté annuel) a été déféré au Tribunal Administratif de Strasbourg par le Préfet. Le maire Vert de Wattwiller, Jacques Muller, a déposé ses "conclusions" fin décembre 2005.
Lors de l'audience du 30 mars 2006, le commissaire de la République, tout en reconnaissant le bien-fondé de l'arrêté, a mis en cause le pouvoir du Maire à émettre un tel arrêté arguant que celui dépend du seul Ministère de l'Agriculture.

soutenez cette démarche, signez des pétitions, envoyez des lettres à votre député ...A SUIVRE....

Le 27 avril 2006, le Tribunal Administratif de Strasbourg annule l'arrêté anti-OGM du maire de Wattwiller tout en lui donnant raison sur le fond. Légitime, mais pas légal ? Le TA argumente que ce n'est pas de la compétence du Maire de déterminer la zone de protection.
Avec le soutien de son conseil municipal (moins une voix), Jacques Muller va saisir le Ministre de l'Agriculture, Dominique Bussereau, afin qu'il établisse un périmètre de protection des terrains en agriculture biologique sur sa commune.
Automne 2006, Jacques Muller dépose un nouveau recours auprès du Tribunal Administratif de Strasbourg. C'est donc à présent au Ministre de prendre ses responsabilités et de déterminer la zone de protection. Le gouvernement prévoit.....25mètres. Un scandale ! Et il risque même de mettre en place la dissémination de masse des OGM par décret , sans débat parlementaire....

A suivre.........

dossier à consulter après ce texte introductif
OGM : où en sommes-nous en mars 2006 ?

De la prison ferme pour José Bové, des peines de prison avec sursis pour les Verts, le député-maire Noël Mamère, le député européen Gérard Onesta, l’ancien secrétaire national Gilles Lemaire, un conseiller régional, un conseiller municipal et des militants écologistes - Faucheurs Volontaires, 100 000 € de dommages et intérêts pour la destruction symbolique par chacun d’un épi de maïs : les peines infligées sont très lourdes.
Par ailleurs, vingt-six arrêtés municipaux pour interdire des cultures OGM en plein champ ont été annulés par le Tribunal Administratif de Limoges sur demande des Préfets.
Nous sommes dans une offensive politique et législative qui traduit la volonté du gouvernement de faire sauter les derniers verrous existants, avec le projet de loi soumis aujourd’hui au Sénat et bientôt devant les députés. Cette loi facilitera la diffusion massive des OGM dans l’agriculture, une voie bien incertaine et risquée en terme de santé publique et contraire
aux principes de l’agriculture et du développement durables.

Au plan régional

L’Alsace n’est pas en reste puisque nous avons déjà des essais en plein champ dans l’enceinte de l’INRA Colmar de plants de vignes transgéniques.
Au niveau judiciaire, l’arrêté municipal du maire de Wattwiller, Jacques Muller, visant à protéger les cultures bio présentes sur son territoire (périmètre de 400 mètres autour des parcelles concernées) a été déféré au Tribunal Administratif de Strasbourg pour annulation à la demande du Préfet. L’audience s'est tenue le 30 mars prochain.

Les Verts dénoncent de façon incessante la politique irresponsable de ce gouvernement et nous nous opposons à toutes cultures et essais en plein champ.

Quelques chiffres concernant les cultures OGM dans le monde pour situer globalement la problématique
En 2004, nous trouvions en Europe, 10 ha de cultures OGM en France ; 32 000 ha en Espagne.
Dans le monde, les cultures OGM avaient augmenté de 20% cette année-là avec 81 millions d’ha soit près de 25% des surfaces cultivées. On les trouve essentiellement aux USA, au Canada, au Brésil, en Argentine et en Chine. Ce sont du maïs BT (40% aux USA), du soj
a Roundup (85% aux USA et Argentine), du coton BT (2/3 du coton en Chine et aux USA) et l’introduction du riz BT en Chine en 2005.

Posons bien le problème

La question des OGM et plus particulièrement la dissémination massive d’organismes génétiquement modifiés dans notre environnement par la production agricole se pose aujourd’hui de façon brutale et pratiquement sans débat public. Le Sénat puis l’Assemblée Nationale vont voter dans les prochains jours une nouvelle loi qui condamne notre liberté de consommer, notre liberté de produire
Si la recherche à des fins médicales, en milieu strictement confiné et selon des procédures bien précises, n’est pas mis en cause ici, la diffusion des OGM dans l’agriculture en milieu ouvert, en plein champ, pose un problème majeur.

Quand on parle d’OGM, de quoi parle-t-on exactement ?

Pour aller vite, disons qu’on introduit un nouveau gène dans la structure chromosomique (ADN) d’une plante. On a donné à ce transgène une qualité particulière.
Par exemple, la résistance aux herbicides, ou encore la résistance aux parasites des cultures, ou encore la sécrétion d’une toxine insecticide.
Cette introduction d’un nouveau gène dans la structure ADN entraîne des mutations dans les protéines fabriquées.
En plus, si on peut suivre le gène introduit, on ne sait pas du tout quels sont les effets combinatoires avec les gènes voisins. Ces recombinaisons génèrent d’immenses risques imprévisibles pour la santé et l’environnement.
Et puis, par dissémination, par pollinisation, les plantes sauvages ou voisines, apparentées, ont la capacité de sélectionner et d’incorporer ces nouveaux gènes, ce qui les rendra résistantes aux traitements classiques.
Et nous voilà donc pris dans l’engrenage irréversible.
Vous avez compris le processus. Mais les firmes productrices de semence (Dupont-USA, Monsanto-USA, Aventis-France, Novartis-Suisse) vont plus loin encore. Elles suivent la logique capitaliste productiviste suivante :
« J’introduis un transgène dans une semence qui ne pousse que si le paysan achète les pesticides que je produis et pratique une agriculture industrielle destinée aux marché que je domine. Le brevet me donne tous les droits, je peux lui imposer l’acheteur de sa récolte, je peux lui interdire de ressemer avec une partie de sa récolte. Quittant son champ, mon transgène ira se reproduire dans le champ du voisin (qui n’a pas voulu acheter ma semence) et celui-ci à son tour sera ainsi soumis à ma volonté… ».

La France adapte la législation européenne à la sauce libérale.

Ce qui est décrit schématiquement là est en train de se produire. Le lobbying des firmes auprès de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) commence à payer. L’Union Européenne avait voté en 1998 un moratoire sur les importations d’OGM. Il a été levé par la pression en 2004 en autorisant plusieurs variétés de maïs OGM et de soja. La France va transposer la directive européenne 2001-18 dans le droit français, mais de façon très, très imparfaite.
Ainsi, il n’est pas mentionné le principe de précaution (qui apparaît presque à chaque ligne dans la directive européenne), l’information du public est très disséminée voire inexistante, l’évaluation des risques est complètement occultée puisque la diffusion des résultats des études toxicologiques OGM est facultative et donc inaccessible au grand public. S’Il faut aussi déclarer les parcelles de plantes transgénétiques (ce qui n’est pas le cas actuellement d’où la culture secrète d’un millier d’ha de maïs OGM dans le Sud-Ouest essentiellement avec des semences venant d’Espagne), cette déclaration, ces informations seront réservées aux seules administrations concernées (Ministère de l’Agriculture).
Les exploitants utilisateurs d’OGM doivent également souscrire « une garantie financière destinée à compenser les conséquences économiques d’une présence fortuite d’OGM au-dessus du seuil d’étiquetage (0,9%) dans une production non-OGM », mais le montant de la taxe ne pourra dépasser les 100€ à l’hectare.
Et comme aucune assurance ne veut souscrire ce risque de contamination OGM (comme on l’a vu en Allemagne), la France prévoit de créer un fonds d’indemnisation auquel participeront tous les agriculteurs, même bio qui subiront le plus lourd préjudice, leur disparition à terme, avec un nouveau principe, « pollué-payeur », et qui limite considérablement la responsabilité des producteurs utilisateurs d’OGM.
Pire, les firmes de semences OGM échappent, elles, totalement du dispositif d’assurance pourtant exigé par la directive 2001-18. Plus encore, si toutes les ressources n’appartiennent plus qu’à quelques firmes, ces dernières ne fabriqueront plus qu’un nombre limité de variétés ce qui sera une réduction très dangereuse de la biodiversité.
L’article 5 de notre Constitution devrait nous protéger selon le principe de précaution qui y est décrit. On a eu droit à « l’alerte neige », « l’alerte tempête », « l’alerte canicule », c’est peut-être le moment de mettre en œuvre « l’alerte OGM » car il y a là une véritable escalade des risques.
Prenons l’exemple du DDT, abondamment utilisé. Lorsqu’on a remarqué sa dangerosité, sa production a été arrêtée et les effets perdurent encore quelques années. Avec le nucléaire, les effets des déchets radioactifs peuvent durer des centaines d’années (et plus). Avec les OGM, on fait encore un saut plus loin dans l’inconnu, puisque le mécanisme est …irréversible et invasif.

Soumission ou désobéissance civile ?

Dans ce cadre, on peut comprendre la désobéissance civile de celles et ceux qui deviennent « Faucheurs Volontaires ». Les recherches, les études doivent se faire dans le milieu confiné des laboratoires. Quand on en arrive aux essais en plein champ, c’est l’étape juste avant la commercialisation. Dans la loi française proposée, la destruction volontaire devient clairement illégale.

La cohabitation est impossible, c’est la condamnation de l’agriculture biologique.
Nos députés et sénateurs vont-ils voter une loi autorisant une pollution génétique irréversible dans des conditions qui condamnent de fait toutes les cultures biologiques et non-OGM ? Ainsi, le périmètre de protection proposé pour le maïs OGM est de …25 mètres ! La coexistence des cultures OGM et bio (pour lesquelles les traces d’OGM sont interdites) est quasi impossible, car la dissémination des gènes, notamment par les abeilles, se fait sur des kilomètres…

Christian Weiss -22 mars 2006

 

lettre à envoyer au député de votre circonscription .....

Arrêté anti-OGM : mode d’emploi

les services de la Préfecture ont reconnu avoir renoncé à l’attaquer en 2005 compte tenu de la manière dont il était rédigé ! !

Le 31 août 2004, Jacques Muller Maire de Wattwiller

Présentation de la démarche suivie

Elu maire de Wattwiller depuis mars 2001, militant chez les Verts depuis une quinzaine d’année, pétri de convictions alter-mondialistes, j’ai été tenté de prendre rapidement un arrêté anti-OGM, histoire d’engager au niveau local la « guerre secrète des OGM » qui se déroule à l’échelle planétaire. J’ai préféré prendre le temps nécessaire
- Par respect pour mes collègues éluEs et pour être sûr que mon équipe municipale pourrait être pleinement solidaire de la
démarche, même en cas de recours du préfet pour essayer de faire casser l’arrêté. Cela nécessitait le temps de la réflexion collective, de la sensibilisation, de la concertation… et du débat démocratique : la délibération et l’arrêté qui a suivi ont finalement été validés par l’ensemble du conseil municipal, moins une voix
- pour essayer de produire du droit en prenant au mot les services de la préfecture qui avaient mis en garde les maires du Département contre toute tentative de légiférer dans un domaine qui n’est pas de leur stricte compétence, soulignant que les « mesures adoptées doivent être justifiées par des circonstances locales particulières de nature à faire craindre une atteinte à la sécurité, à la tranquillité ou à la salubrité publique, et doivent être strictement adaptées et proportionnées aux troubles en question et à ces circonstances locales ».
Tout l’enjeu était de travailler cette notion de « circonstances locales particulières », en poussant cette logique au maximum… sans pour autant omettre de se positionner sur un plan global, politique !

Les différentes étapes (durée deux ans)

1) ouverture de la réflexion entre élus en commissions réunies : présentation du dossier, des enjeux de société, de la nécessité et de la possibilité d’agir localement en étant conscient des difficultés susceptibles d’apparaître : tous mes collègues ne sont pas forcément des adeptes de la désobéissance civile ! ! !
2) organisation d’une soirée publique à la quelle ont été invités tous les acteurs professionnels et autres concernés : les agriculteurs, éleveurs, viticulteurs, apiculteurs qui mettent en valeur le ban communal, que leur siège d’exploitation soit situé sur le ban de Wattwiller ou à l’extérieur (la pollution génétique ne connaît pas ces subtilités !).
Deux chercheurs de l’INRA avaient été invités comme personnes ressources pour alimenter la réflexion collective (pas la confrontation !) entre éluEs et acteurs du terrain : un défenseur (et mettant en place des expérimentations, sous serre) des et un opposant résolu à la diffusion des OGM dans le milieu ouvert via l’expérimentation ou les cultures OGM. Une soirée mémorable, sur le fond comme sur la forme, qui s’est conclue par une consultation ouverte et anonyme de l’ensemble des participants. Résultat sans appel : à l’unanimité moins une voix (un élu) tous les participants qui se sont exprimés étaient « plutôt défavorables » voire « franchement défavorables » aux « essais et cultures OGM en plein champ ».
Peu de temps après cette réunion de travail, un des participants, producteur en biodynamie a saisi officiellement par courrier la municipalité, pour lui demander de protéger son exploitation de toute pollution OGM
3) Vote d’une délibération en conseil municipal, juridiquement inattaquable
- affichant clairement notre opposition globale (politique) à la diffusion des OGM dans le milieu ouvert : en tant qu’ingénieur agronome, j’avais particulièrement soigné le rapport introductif sur le plan technique.
- prenant acte de la demande d’un agriculteur du ban communal souhaitant être protégé de la pollution génétique
- invitant le maire à « mener toutes les investigations nécessaires pour apporter une réponse technique et juridique adaptée et proportionnée à cette demande, qui tienne compte des circonstances locales particulières » (voir recommandations préfectorales plus haut).
NB : la délibération peut être très politique sur le fond, tant qu’elle n’engage à rien, mais elle doit rester très évasive sur les applications locales, et surtout ne pas demander au maire de prendre un quelconque arrêté (il est seul responsable en la matière, et ne fait qu’informer après coup des arrêtés pris !)
4) prise d’un arrêté du Maire, répondant au souhait du conseil soucieux de protéger l’exploitant agricole en bio, reprenant l’ensemble de la démarche, rappelant les considérations générales et développant les éléments de décision qui doivent être du « sur mesure » (cf les « circonstances locales particulières ») : l’arrêté est limité dans le temps et dans l’espace, et doit être reconduit chaque année en fonction des parcelles à protéger…

Pièces jointes

1) le rapport introductif et délibération du Conseil Municipal du 10mai 2004
2) l’arrêté du Maire de Wattwiller du 14 juin 2004

Contacts
1) par TEL : mairie de Wattwiller 03 89 75 42 76, ou tel portable du maire 06 85 62 65 98
2) par mel : mairie.wattwiller@wanadoo.fr ou bien mairiewattwiller.muller@wanadoo.fr
14 juin 2004
ARRÊTÉ d’interdiction temporelle et limitée dans l’espace
d’essais et de cultures d’organismes génétiquement modifiés en plein champ

ARRETE n° 08-04
. VU la Constitution et le préambule de la Constitution du 26 octobre 1946 selon lequel la nation garantit à tous la santé,
. VU le traité instituant la Communauté Européenne, modifié et notamment son article 174 consacrant le principe de précaution,
. VU le Code de l’Environnement et notamment son article L.110-16-II-1°,
. VU la jurisprudence de la Cour de Justice des Communautés Européennes et du Conseil d’État qui autorisent à interdire provisoirement la commercialisation, la culture, l’utilisation et la diffusion de substances, plantes ou organismes de toute nature lorsqu’il existe un doute quant à leur absence d’innocuité pour la santé ou l’environnement,
. VU le Code Général des Collectivités Territoriales et plus particulièrement les articles L.2212-1 et L.2212-5° qui chargent le Maire de prévenir par des précautions convenables les pollutions de toute nature,
. VU l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme,
. VU le Jugement du Tribunal Administratif de LIMOGES du 27 mars 2003 (Préfecture de l’Allier/ Commune de Coings req 01106 et 011457)
. VU le Jugement du Tribunal Administratif de PAU du 23 juin 2003 (Préfecture du Gers / Commune de Mouchan req 01075 et 021250)
. VU la Délibération du Conseil Municipal de Wattwiller du 10 mai 2005
. CONSIDÉRANT que le Tribunal Administratif de Limoges dans son jugement du 27 mars 2003 a reconnu qu’un Maire pouvait interdire les OGM en cas de présence de cultures biologiques sur le ban communal,
. CONSIDÉRANT la présence sur le ban communal d’une exploitation en agriculture biologique sous label
. ATTENDU qu’aux termes de l’article L1311-11 du Code de la Santé Publique, les décrets mentionnés à l’article 1er peuvent être complétés par des arrêtés du Représentant de l’État dans le département ou par des arrêtés du Maire ayant pour objet d’édicter des dispositions particulières en vue d’assurer la protection de la santé publique dans le département ou la commune,
. ATTENDU qu’aux termes de l’article L1311-1 du Code de la Santé Publique, les décrets ont pour objet la prévention des maladies transmissibles, la salubrité des habitations, des agglomérations et de tous les milieux de vie de l’homme, l’exercice d’activités non soumises à la législation sur les installations classées pour la protection de l’environnement,
. CONSIDÉRANT les recommandations du rapport des Sages à la suite du débat sur les OGM et les essais en plein champ (mars 2002) et en particulier l’alinéa 4.1.4 "renforcer les prérogatives des maires" et l’alinéa 4. 3 qui affirme que "l’expérimentation au champ induit nécessairement une dissémination vers les cultures traditionnelles",
. CONSIDÉRANT l’avis défavorable du Bureau pour la politique scientifique et technologique de la Maison-Blanche (USA) selon lequel "il devient de plus en plus difficile d’éviter une contamination des cultures commerciales en raison des risques de pollution génétique résultant de la pollinisation croisée entre les cultures conventionnelles et les plantes transgéniques expérimentales cultivées sur des parcelles à ciel ouvert" (avis publié dans le registre fédéral, 2 août 2002, volume 57, Nombre 149, 50577 50580),
. CONSIDÉRANT la présence sur le territoire de la commune de WATTWILLER de multiples exploitants agricoles, viticoles et apicoles professionnels, dont un en production biologique, sans compter les nombreuses activités agricoles familiales annexes, viticoles, apicoles, fruitières et de jardinage,
. CONSIDÉRANT l’organisation par la municipalité le 1er juillet 2003 d’une réunion de travail et de concertation ouverte à l’ensemble des exploitants agricoles, viticoles et apicoles qui opèrent sur le ban communal, quel que soit le siège de leur exploitation,
. CONSIDÉRANT à cet effet la recherche d’un appui scientifique auprès de deux chercheurs de l’INRA de Colmar, M. Marc Fuchs Chargé de Recherche responsable du « laboratoire vignes » et du programme de recherche sur les porte-greffes OGM, et M.Philippe Girardin Directeur de Recherche responsable de l’équipe « agriculture durable », qui ont apporté des compléments d’information et répondu aux nombreuses questions des producteurs et élus présents, en développant leurs points de vue différents, montrant que la communauté scientifique est partagée sur l’opportunité de mettre dès aujourd’hui des plantes OGM à disposition des producteurs.
. CONSIDÉRANT le sondage anonyme sur questionnaire distribué aux participants à l’issue de cette réunion, saluée par les deux scientifiques comme une « première » leur permettant de rencontrer et débattre directement avec les acteurs de terrain, et mettant en évidence que 93% des avis exprimés étaient « plutôt défavorables » voire « franchement défavorables » au essais et cultures de plantes OGM en plein champ.
En raison de la demande formulée par Monsieur Fernand Krust, agriculteur biologique dont le siège d’exploitation se situe dans le village voisin, et dont la moitié des terres mises en valeur se situe sur le ban communal de WATTWILLER
IL CONVIENT de prendre toutes mesures de protection afin que son exploitation ne soit en aucun cas contaminées par des OGM, ce qui occasionnerait une faillite comme cela vient d’arriver à 950 agriculteurs biologiques canadiens du Saskatchewan,
. CONSIDÉRANT la nécessité impérative de maintenir localement les conditions environnementales pour que perdure cette agriculture de qualité,
. CONSIDÉRANT la nécessité de préserver, dans les circonstances économiques actuelles, pour les agriculteurs dits conventionnels, les conditions favorables à une évolution vers des productions de qualité, notamment labellisées ou biologiques,
. CONSIDÉRANT la « Contribution de la commune de WATTWILLER à l’élaboration de la Charte de Développement Local de la Communauté des Communes de CERNAY et ENVIRONS » adoptée en Conseil Municipal du 30 septembre 2002 qui « encourage toute démarche économique, de service mais aussi agricole reposant sur des signes de qualité forts : qualité des produits, qualité des techniques mises en oeuvre, respect de l’environnement et du cadre de vie », avec la volonté affichée de rechercher « un signe de qualité qui fait qu’un territoire devient attractif »,
. CONSIDÉRANT que la pollution génétique irréversible aurait pour conséquence le bouleversement de la biodiversité,
CONSIDÉRANT que la production de plantes génétiquement modifiées aurait pour conséquence de réduire les espèces traditionnelles multiples adaptées aux climats et sols régionaux de cultures,
. CONSIDÉRANT que la plantation en plein champ d’organismes génétiquement modifiés risque de provoquer une pollution génétique susceptible de mettre en cause les cultures traditionnelles, labellisées et surtout biologiques, dans lesquelles toute présence d’OGM est interdite,
ARRETE :
ARTICLE 1er : Les essais en plein champ de plantes génétiquement modifiées telles que le colza, maïs, tournesol, soja... sont interdits pour un an à date d’effet du 16 juin 2004 dans un rayon de trois kilomètres des parcelles sises :
COMMUNE DE WATTWILLER
Section 61 Parcelle 146 de 00 ha 26 a 59 ca
Section 61 Parcelle 148 de 00 ha 22 a 98 ca
....etc...(liste des parcelles concernées...)
Section 61 Parcelle 288 de 00 ha 44 a 55 ca
Section 61 Parcelle 289 de 00 ha 44 a 55 ca
parcelles exploitées en location selon relevé parcellaire établi par la MUTUALITE SOCIALE AGRICOLE D’ALSACE en date du 26 avril 2004
COMMUNE DE WATTWILLER
Section 57 Parcelle 112 de 02 ha 62 a 00 ca
Section 57 Parcelle 113 de 02 ha 43 a 47 ca
....etc...(liste des parcelles concernées...)
parcelles exploitées dans le cadre d’un G.A.E.C. familial selon relevé parcellaire établi par la MUTUALITE SOCIALE AGRICOLE D’ALSACE en date du 26 avril 2004,faisant partie de l’exploitation de Monsieur Fernand Krust qui est en production biologique

ARTICLE 2 : Conformément au décret N° 83-105 du 28 novembre 1983, les Administrés disposent de délais et voies de recours pour introduire un recours devant les Tribunaux. En conséquence et en application des dispositions de ce décret N° 83-1025 du 28 novembre 1983, cette décision peut faire l’objet d’un recours en annulation devant le Tribunal Administratif de STRASBOURG, 31, avenue de la Paix, B.P. 1038F 67070 STRASBOURG Cedex dans le délai de deux mois à compter de sa date de publication.
ARTICLE 3 : Le Maire certifie sous sa responsabilité le caractère exécutoire du présent acte qui sera publié et affiché dans la Commune de WATTWILLER aux lieux habituels d’affichage et sous ses formes réglementaires
Monsieur le Maire de WATTWILLER, tout officier et agent de police judiciaire et tout agent visé à l’article 15 du Code de procédure pénale sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté dont Ampliation sera transmise à :
- M. le Sous-Préfet de THANN
- M. le Procureur de la République à MULHOUSE
- M. le Commandant de la Brigade de Gendarmerie de CERNAY
- DIREN STRASBOURG
- D.D.A.F. COLMAR
- Brigades Vertes SOULTZ
- Registre des arrêtés
- Dossier mairie
WATTWILLER, le 14 juin 2004 Le Maire Jacques MULLER
OGM en plein champ à Wattwiller
pourquoi un arrêté d’interdiction ?
La question des OGM est devenue un véritable enjeu de société, et plus particulièrement la dissémination massive d’organismes génétiquement modifiés dans notre environnement via la production agricole. Il s’agit de distinguer nettement l’utilisation de cette technologie à des fins médicales, et son développement dans l’agriculture. Si la première est éminemment souhaitable eu égard les progrès significatifs espérés pour traiter efficacement certaines maladies humaines, sous réserve de travailler en milieu strictement confiné et dans le cadre de procédures bien précises, la diffusion des OGM dans l’agriculture, c’est à dire en milieu totalement ouvert, pose un problème majeur.
des considérations générales…
Si les risques sont aujourd’hui insuffisamment identifiés, le constat s’impose : les techniques utilisées pour modifier les séquences génétiques chez les êtres vivants, notamment celles qui font le saut de la barrière entre les espèces animales et végétales, se propagent beaucoup plus rapidement que ne progresse la connaissance scientifique sur les conséquences de l’introduction brutale, ex-nihilo, de nouveaux gènes dans l’environnement, et plus particulièrement en matière de santé humaine.
Des certitudes inquiétantes au plan environnemental
Les essais et cultures de plantes génétiquement modifiées en milieu ouvert ont pour effet de diffuser dans l’environnement des gènes artificiellement insérés, notamment de résistance aux herbicides et les plantes sauvages apparentées et adventices de même espèce végétale ont la capacité de sélectionner et d’incorporer ces gènes qui les rendent résistantes aux traitements classiques. La multiplication des plantes concurrentes des cultures, irai à l’encontre de l’effort récemment engagé de réduction des traitements, y compris dans l’agriculture dite “ conventionnelle ”, pour des raisons de santé publique (molécules cancérigènes). Il en va de même pour les gènes de résistance aux parasites des cultures.

De nombreuses sources scientifiques soulignent que la pollution génétique résultant de la pollinisation croisée entre cultures OGM et non-OGM est inévitable et qu’il est impossible de garantir la séparation des deux filières agricoles, OGM et non-OGM. Cela entraîne deux conséquences graves :
- Le libre choix des producteurs de choisir leur système de production disparaît. C’est particulièrement dramatique, les cas concrets se sont multipliés sur tous les continents, pour tous les producteurs dont les cahiers des charges interdisent l’utilisation et la présence d’OGM, notamment en agriculture biologique. Ainsi le développement d’essais et cultures de plantes OGM condamnerait à terme cette forme d’agriculture porteuse d’avenir, qui limite les impacts négatifs des pratiques agricoles sur l’environnement et la santé, et constitue un atout indéniable pour maintenir la biodiversité aujourd’hui menacée.
- Le libre choix des consommateurs disparaît également puisqu’il n’est plus possible de garantir la qualité des produits mis sur le marché, comme en témoigne la controverse sur les seuils d’OGM tolérés et l’étiquetage.

En réalité, si la technologie OGM n’apporte actuellement aucun avantage significatif au plan agricole, elle présente un ensemble d’inconvénients majeurs d’autant plus inquiétants que la dissémination dans l’environnement de gènes indésirables, est rigoureusement irréversible. La pression exercée à tous les niveaux, internationaux, nationaux et locaux, par un certain lobby scientiste prêt à toutes les expérimentations, et surtout par les firmes de l’agro-industrie qui fournissent les nouvelles semences et les traitements génétiquement correspondants, nous invitent à la plus grande vigilance.

Ainsi les élus doivent rester à l’écoute des attentes légitimes de la société qui “ rejette l’image insupportable d’un Homme sans âme dans un univers dépourvu de sens, et postule à l’inverse l’existence d’une profond correspondance entre l’Homme et la nature ”. (Guy Paillotin, Président honoraire de l’INRA). En définitive “ rien ne presse ” : le développement d’essais et de cultures OGM en milieu ouvert, dans nos campagnes, n’est pas acceptable eu égard les connaissances scientifiques actuelles. Il faut donc s’en tenir au principe de précaution.

… aux aspects plus locaux

Souhaitant ouvrir la réflexion avec les acteurs du territoires les plus directement concernés par le sujet, la municipalité a organisé le 1erjuillet 2003 une réunion de concertation avec les agriculteurs, viticulteurs et apiculteurs qui opèrent sur le ban communal, et en recherchant un appui scientifique auprès de deux chercheurs de l’INRA de Colmar qui n’ont pas le même regard sur la question posée. Ainsi M. Marc Fuchs, chargé de recherche responsable du laboratoire de virologie “ vignes ” et du programme de recherche sur les porte-greffes OGM, et M. Philippe Girardin, directeur de recherche responsable de l’équipe “ agriculture durable ” ont apporté des compléments d’information, répondu aux nombreuses questions des producteurs et des élus présents, et développé leurs points de vue différents, montrant que la communauté scientifique est très partagée sur l’opportunité de mettre dès aujourd’hui les plantes OGM à disposition des producteurs.
Cette réunion a été saluée par les deux scientifiques comme une véritable “ première ” qui leur a permis de rencontrer et débattre directement avec les acteurs du terrain, et s’est conclue par un sondage indicatif réalisé par questionnaire anonyme remis aux participants (y compris les 4 élus présents) avant la fin de la rencontre. Le résultat est sans appel : 93% des avis exprimés, se sont déclarés “ plutôt défavorables ” voire franchement “ défavorables ” aux essais et cultures de plantes OGM en plein champ.

la Charte de développement local : “ rechercher les signes de qualité ”
A l’occasion du Conseil Municipal du 30 septembre 2002, les élus ont affirmé leur volonté d’“ être vigilants sur la qualité du développement que nous voulons susciter ”, notamment au niveau de la “ qualité des productions ”. Il s’agit “ d’encourager toute démarche économique, de service mais aussi agricole, reposant sur des signes de qualité forts : qualité des produits, qualité des techniques mises en œuvre, respect de l’environnement et du cadre de vie . ”. A cet égard, le développement d’essais ou de cultures OGM sur le ban communal irait manifestement en contradiction avec la volonté affichée de rechercher “ un signe de qualité qui fait qu’un territoire devient attractif ”.


Suite à cette réunion, M. Fernand Krust, exploitant agricole en biodynamie domicilié à Berrwiller, mais dont la moitié du domaine est situé sur le ban de Wattwiller a saisi officiellement notre commune. Dans son courrier daté du 14 septembre 2003 adressé, l’agriculteur se déclare “ inquiété de la possible présence, en essais ou en grandes cultures, de plantes génétiquement modifiées dans le voisinage de ses propres cultures ”. Il y développe les “ kyrielles de difficultés économiques et juridiques entraînées par la contamination des cultures traditionnelles par des cultures OGM ”, notamment aux Etats-Unis et dans le Sud Ouest de la France. Il souligne la rigueur du cahier des charges de l’agriculture biodynamique qui interdit l’utilisation ou la présence d’OGM, et que “ la cohabitation de cultures biodynamiques avec des cultures transgéniques de plein champ se révèle impossible du fait de la pollinisation croisée inévitable ”. Ainsi, au nom de “ la liberté de choisir ses semences et ses techniques de production ”, M. Krust a demandé à la municipalité de “ se prononcer clairement pour la protection des filières bio et donc contre l’implantation d’essais OGM ou de grandes cultures d’OGM en plein champ sur le territoire de la commune ”.

Un arrêté d’interdiction temporel et limité dans l’espace

L’ensemble de ces considérations générales et locales ont conduit les élusE (unanimité moins une voix) à se positionner clairement sur le fond du dossier, et à essayer de répondre favorablement à la demande de protection faite par un de nos exploitants agricoles. Il en a résulté un arrêté du Maire, “ exactement proportionné aux intérêts en cause ”, qui tient compte “ des circonstances locales particulières ” . Il s’agit d’un “ arrêté d’interdiction temporelle et limité dans l’espace d’essais et de cultures OGM en plein champ ”, bâti selon un schéma qui a déjà fait jurisprudence : autour des parcelles exploitées en culture biologique a été tracé un périmètre de protection de 3 kilomètres dans lequel les OGM sont interdits, et l’arrêté est renouvelé chaque année, en fonction de la reconduction de ces cultures biologiques à protéger.
Une rencontre avec les élus de Berrwiller a permis de présenter notre démarche, notamment au plan technique et réglementaire, de manière à étendre le cas échéant ce dispositif innovant.
DELIBERATION DU CONSEIL MUNICIPAL
Point N°14 : Essais et cultures de plantes génétiquement modifiées (OGM)
M. le Maire, en sa qualité d’ingénieur agronome, introduit la délibération en présentant au Conseil un rapport synthétique portant sur l’emploi des OGM dans l’agriculture, situant d’abord la question dans une perspective générale, puis en développant les problématiques locales propres à Wattwiller.
RAPPORT INTRODUCTIF
A) Questions de fond
La question des OGM est devenue un véritable enjeu de société, et plus particulièrement la dissémination massive d’organismes génétiquement modifiés dans notre environnement via la production agricole. Il s’agit de distinguer nettement l’utilisation de cette technologie à des fins médicales, et son développement dans l’agriculture. Si la première est éminemment souhaitable eu égard les progrès significatifs espérés pour traiter efficacement certaines maladies humaines, sous réserve de travailler en milieu strictement confiné et dans le cadre de procédures bien précises, la diffusion des OGM dans l’agriculture, c’est à dire en milieu totalement ouvert pose un problème majeur.
1) des effets encore inconnus sur la santé humaine
Un certain nombre de risques, mal évalués aujourd’hui, ont été identifiés : augmentation des risques allergènes dus à une production imprévue de protéines nouvelles, transfert aux bactéries parasites de l’être humain de gènes de résistance aux antibiotiques qui accompagnent l’introduction du gène Bt. Les techniques utilisées pour modifier les séquences génétiques chez les êtres vivants, notamment celles qui font le saut de la barrière entre les espèces animales et végétales, se propagent beaucoup plus rapidement que ne progresse la connaissance scientifique sur les conséquences de l’introduction brutale, ex-nihilo, de nouveaux gènes dans l’environnement, et plus particulièrement en matière de santé humaine.
2) des certitudes sur le plan environnemental et agronomique
Les essais et cultures de plantes génétiquement modifiées en milieu ouvert ont pour effet de diffuser dans l’environnement, notamment via le pollen, des gènes artificiellement insérés tels ceux (les plus nombreux) de résistance aux herbicides. Les plantes sauvages apparentées et adventices de même espèce végétale ont la capacité de sélectionner et d’incorporer ces gènes, et ce d’autant plus qu’ils les rendent résistantes aux traitements classiques. Les profonds déséquilibres naturels qui en découleraient, la multiplication des plantes concurrentes des cultures, iraient à l’encontre de l’effort récemment engagé de réduction des traitements, y compris dans l’agriculture dite conventionnelle, pour des raisons de santé publique (molécules cancérigènes).
Il en est de même pour les gènes de résistance aux parasites des cultures, dont les mutations accélérées par une exposition permanente à ces gènes introduits dans les plantes génétiquement modifiées, rendent les traitements conventionnels obsolètes. Le problème est encore aggravé lorsque l’on considère le gène de résistance Bt, le plus fréquemment utilisé. En effet, les seuls traitements autorisés en agriculture biologique reposent sur l’emploi ponctuel, limités dans le temps et l’espace, du Bt « bacillus thurigiensis » précité. La pollution génétique engendrée par le développement de plantes OGM-Bt, et les mutations génétiques des parasites qui en découlent, condamneraient à terme le seul insecticide biologique.
3) des certitudes au niveau des systèmes de production agricole
La pollution génétique résultant de la pollinisation croisée entre cultures OGM et non-OGM devient inévitable, comme le confirment en France les recommandations du Rapport des Sages (grand Débat sur les OGM (mars 2002), l’avis du Bureau Fédéral pour la Politique Scientifique et Technologique de la Maison Blanche aux Etats-Unis (août 2002), et le refus total des compagnies d’assurances d’assurer contre le risque de pollution génétique. Il est impossible de garantir la séparation des deux filières agricoles, OGM et non-OGM, ce qui entraîne deux conséquences :
- Le libre choix des producteurs de choisir leur système de production disparaît. C’est particulièrement dramatique, les cas concrets se sont multipliés sur tous les continents, pour les producteurs qui ont opté pour l’agriculture biologique dont les cahiers des charges interdisent l’utilisation et la présence d’OGM. Ainsi le développement d’essais et cultures de plantes OGM condamnerait à terme cette forme d’agriculture porteuse d’avenir, dans la mesure où elle limite les impacts négatifs des pratiques agricoles sur l’environnement et la santé, et constitue un atout indéniable au niveau du nécessaire maintien de la biodiversité aujourd’hui menacée.
- Le libre choix des consommateurs disparaît également puisqu’il n’est plus possible de garantir la qualité des produits mis sur le marché, comme en témoigne la controverse sur les seuils d’OGM tolérés et l’étiquetage.

En définitive, si la technologie OGM n’apporte actuellement aucun avantage significatif au plan agricole, elle présente un ensemble d’inconvénients majeurs d’autant plus inquiétants que la dissémination dans l’environnement de gènes indésirables, est rigoureusement irréversible. La pression exercée à tous les niveaux, internationaux, nationaux et locaux, par un certain lobby scientiste prêt à toutes les expérimentations, et surtout par les firmes de l’agro-industrie fournisseuses d’intrants, (notamment les nouvelles semences et produits de traitements génétiquement correspondants), appelle la plus grande vigilance de la part du pouvoir politique.
Les élus doivent rester à l’écoute des attentes légitimes de la société qui « rejette l’image insupportable d’un Homme sans âme dans un univers dépourvu de sens, et postule à l’inverse l’existence d’une profond correspondance entre l’Homme et a nature ». (Guy Paillotin, Président honoraire de l’INRA). En définitive « rien ne presse » : le développement d’essais et de cultures OGM en milieu ouvert, dans nos campagnes, n’est pas acceptable eu égard les connaissances scientifiques actuelles. Il faut s’en tenir au principe de précaution.


B) Considérations locales propres à la commune de Wattwiller
1) Contribution de la commune de Wattwiller à la l’élaboration de la Charte de Développement Local de la CCCE : « rechercher les signes de qualité »
Présentée en Conseil Municipal du 30 septembre 2002, cette contribution invite les élus à « être vigilants sur la qualité du développement que nous voulons susciter », notamment au niveau de la « qualité des productions ». Il s’agit « d’encourager toute démarche économique, de service mais aussi agricole, reposant sur des signes de qualité forts : qualité des produits, qualité des techniques mises en œuvre, respect de l’environnement et du cadre de vie . »
A cet égard, le développement d’essais ou de cultures OGM sur le ban communal irait manifestement en contradiction avec la volonté affichée de rechercher « un signe de qualité qui fait qu’un territoire devient attractif ».
2) La position « plutôt défavorable » voire « défavorable » des producteurs travaillant sur le ban communal quant à l’introduction d’essais et de cultures OGM de plein champ
Souhaitant ouvrir la réflexion avec les acteurs du territoires les plus directement concernés par le sujet, la municipalité a organisée le 1er juillet 2003 une réunion de travail et de concertation avec les agriculteurs, viticulteurs et apiculteurs qui opèrent sur le ban communal, et en recherchant un appui scientifique auprès de deux chercheurs de l’INRA de Colmar qui n’ont pas le même regard sur la question posée. Ainsi M. Marc Fuchs, chargé de recherche responsable du laboratoire de virologie « vignes » et du programme de recherche sur les porte-greffes OGM, et M. Philippe Girardin, directeur de recherche responsable de l’équipe « agriculture durable » ont apporté des compléments d’information, répondre aux nombreuses questions des producteurs et des élus présents, et développer leurs points de vue différents, montrant que la communauté scientifique est partagée sur l’opportunité de mettre dès aujourd’hui les plantes OGM à disposition des producteurs.
Cette réunion a été saluée par les deux scientifiques comme une véritable « première » qui leur a permis de rencontrer et débattre directement avec les acteurs du terrain, et s’est conclue par un sondage indicatif réalisé par questionnaire anonyme remis aux participants (y compris les 4 élus présents) avant la fin de la rencontre. Le résultat est sans appel : 93% des avis exprimés, se sont déclarés « plutôt défavorables » voire franchement « défavorables » aux essais et cultures de plantes OGM en plein champ.
3) La saisie de la municipalité par M. Fernand Krust, producteur en biodynamie
La commune de Wattwiller a été saisie par un exploitant agricole en biodynamie domicilié à Berrwiller, M. Fernand Krust, dont la moitié du domaine est situé sur le ban de Wattwiller. Dans son courrier daté du 14 septembre 2003 adressé à la municipalité, l’agriculteur se déclare « inquiété de la possible présence, en essais ou en grandes cultures, de plantes génétiquement modifiées dans le voisinage de ses propres cultures ».
Il y développe les « kyrielles de difficultés économiques et juridiques entraînées par la contamination des cultures traditionnelles par des cultures OGM », notamment aux Etats-Unis et dans le Sud Ouest de la France. Il relève la rigueur du cahier des charges de l’agriculture biodynamique qui interdit l’utilisation ou la présence d’OGM, et souligne que « la cohabitation de cultures biodynamiques avec des cultures transgéniques de plein champ se révèle impossible du fait de la pollinisation croisée inévitable ».
Après avoir soulevé dans ce contexte le risque patent d’une « disparition irrémédiable des filières sans OGM et en premier chef la filière biologique et biodynamique », et au nom de « la liberté de choisir ses semences et ses techniques de production », M. Krust demande à la municipalité de « se prononcer clairement pour la protection des filières bio et donc contre l’implantation d’essais OGM ou de grandes cultures d’OGM en plein champ sur le territoire de la commune ».
Délibération soumise au vote de l’assemblée :
Considérant l’ensemble des éléments d’analyse synthétisés dans le rapport sur les essais et cultures OGM de plein champ, présenté par le Maire,
Souhaitant faire aboutir la réflexion et le débat engagés depuis plus d’un an au sein de la municipalité, en concertation avec les agriculteurs, viticulteurs et apiculteurs qui exercent leur activité sur le ban communal,
Eu égard les circonstances locales particulières propres à la commune de Wattwiller,
Le Conseil municipal, par voix pour, voix contre et abstentions
- exprime son inquiétude et une position défavorable au principe général des essais et des cultures OGM, plantes génétiquement modifiées, en plein champ
- entend la position exprimée sans ambiguïté par les professionnels locaux qui se sont déclarés « plutôt défavorables » voire « défavorables » à des essais et cultures OGM en plein champ sur le ban communal de Wattwiller, à l’issue de la réunion publique contradictoire du 1 juillet 2003 organisée par la municipalité
- souhaite répondre favorablement à la demande exprimée par M. Krust Fernand, producteur agricole en biodynamie, qui a saisi par courrier daté du 14 septembre 2003 le Conseil, en faveur « d’une protection des filières biologique et de ses propres cultures » en raison de la « séparation étanche impossible entre filières OGM et filières non-OGM »
- invite le maire à mener toutes les investigations nécessaires pour apporter une réponse technique et juridique adaptée et proportionnée à cette demande, qui tienne compte de ces circonstances locales particulières

Pour tous renseignements complémentaires : mairiewattwiller.muller@wanadoo.fr

Cinq cas de contamination transgénique en Espagne
mercredi 28 décembre 2005

Communiqué de presse
19 decembre 2005
LES ORGANISATIONS AGRICOLES ET ECOLOGISTES CONVOQUENT UNE CONFERENCE DE PRESSE POUR RENDRE PUBLICS LES CINQ CAS DE CONTAMINATION TRANSGENIQUE QUI AFFECTENT DES CULTURES DE MAIS A LLEIDA ET ARAGON (ESPAGNE)
L’assemblée des Paysans de Catalogne, la plateforme Transgenic Fora ! et Greenpeace ont présenté ce Lundi 19 Décembre à Lleida (Lérida), le résultat d’une campagne d’analyses pour détecter la présence d’OGM dans les champs de maïs cultivés en conventionnel et en bio menées dans les provinces de Lleida et d’Osca.
L’assemblée des Paysans de Catalogne et Greenpeace accomplissent depuis plusieurs mois un travail de terrain dans différentes zones des provinces de Lleida et d’Osca. L’objectif central de ce travail est de démontrer l’impossibilité d’une coexistence entre cultures GM et cultures conventionnelles ou bio. C’est la première étude réalisée dans l’Etat espagnol, à partir d’analyses de plein champ et non à partir d’analyses sur des cultures expérimentales comme cela avait déjà été entrepris (IRT 2003). Plus de 50 paysans de Catalogne, d’Aragon et d’Albacete ont participé à cette étude.
Une partie de cette étude a été orientée vers la détection de champs conventionnels et bio qui ont été contaminés par le pollen de champs transgéniques voisins. Pour cela nous avons prélevé des échantillons fournis par 5 paysans pour détecter si la contamination s’était produite ou non. Le nombre total d’échantillons a été de 10 (5 de culture conventionnelle et 5 de culture bio) car dans plusieurs cas le paysan avait deux champs éloignés l’un de l’autre. Tous les champs étaient entourés de maïs transgénique à différentes distances.
Les échantillons ont été envoyés au laboratoire (Sisteme Genomicos S.L.) et le résultat a été que 6 champs sont contaminés par la présence de matériel transgénique. C’est à dire 60% des champs analysés.
Il faut constater que sur ces cinq paysans, deux cultivent des variétés pures de maïs local et qu’elles ont été contaminées avec des pourcentages supérieurs à 0,2%. Ceci a pour conséquence que cette culture de variété pure doit être détruite et ne peut être resemée ou conservée comme cela avait été fait jusqu’à présent. Une de ces variétés provient de la Banque de semences du Réseau des Semences de Catalogne, et avait été selectionnée pour être cultivée dans la région de Lleida car c’est une variété très robuste et adaptée au climat de Lleida.
On voit clairement que la contamination de semences autochtones constitue une atteinte grave à la biodiversité agricole de Catalogne, car elle provoque la disparition du peu de variétés locales encore en possession des paysans.
Ces résultats démontrent, une fois de plus, que la coexistence entre culture transgénique et culture conventionnelle ou bio n’est pas possible. En même temps, ils révèlent la vulnérabilité des paysans qui veulent faire une agriculture différente, car ils n’ont aucun moyen de se défendre, ni au niveau légal, ni au niveau administratif. Cette vulnérabilité est la cause de l’abandon par certains d’entre eux de la culture de maïs bio. Et s’ils persistent à le cultiver, ils devront assumer seuls les pertes économiques provoquées par une contamination de leurs champs.